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Biographie de Boris Vian (1920 - 1959)

 

1920

Naissance le 10 mars à Ville-d'Avray. Il est le second fils de Paul Vian et d'Yvonne Ravenez. Son père est libéral et plutôt anticonformiste .

1929

Son père , qui vivait jusqu'alors de ses rentes, est ruiné. Il est obligé de louer sa maison et de s'installer dans la maison de service.

1932

De santé fragile, Boris a cette année-là une angine infectieuse qui va lui causer une faiblesse cardiaque.

Il entre au lycée Hoche de Versailles. Elève brillant .

1935

Il est atteint de la fièvre typhoïde. Cette maladie accentue sa fragilité cardiaque

Il obtient le baccalauréat latin-grec à quinze ans.

1937

Il obtient le baccalauréat philosophie et mathématiques à dix-sept ans.

1939

Il réussit son concours d'entrée à l'Ecole Centrale

Sa maladie 'empêche d'être mobilisé

1941

Il rencontre Michelle Léglise dans une surprise-partie. Une grande complicité artistique les unit tous les deux : littérature, jazz , cinéma. Boris Vian et Michelle Léglise se marient le 3 juillet.

Il commence à écrire Cent sonnets

1942

Le 12 Avril, naissance de leur fils Patrick

Il rencontre Claude Abadie, polytechnicien et banquier et rentre dans son orchestre de jazz amateur

Le 26 juin il est diplômé Ingénieur de l'Ecole Centrale , et en Août il est embauché à l'AFNOR.

1943

Publication de Conte de fées à l'usage des moyennes personnes

1944

Boris Vian est très affecté par la mort de son père assassiné dans des conditions mystérieuses .

Il écrit ses premiers textes pour le magazine Jazz Hot

Première version de Vercoquin et le plancton

1945

Il signe son premier contrat chez Gallimard pour Vercoquin et le plancton , dans une version retravaillée

L'orchestre Abadie, dans lequel il joue de la trompette, triomphe au tournoi de jazz amateur de Bruxelles.

1946

Il écrit l'Ecume des jours

Sa collaboration au magazine Jazz Hot devient régulière

Queneau le présente à Jean-Paul Sartre. Boris Vian publie alors ses chroniques du menteur dans la revue Les temps modernes, la revue dirigée par Jean-Paul Sartre.

Mais du fait de la politisation de la revue voulue par Jean-Paul Sartre, Boris Vian mettra fin a cette collaboration en 1947

Il publie sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, J'irai cracher sur vos tombes . Ce roman lui vaudra une plainte du cartel d'action sociale et morale. Il sera finalement poursuivi en justice et subira une condamnation éphémère

1947

Il abandonne le métier d'ingénieur pour se consacrer uniquement aux arts.

Il écrit des chroniques de Jazz dans Combat

Publication de l'Ecume des jours

1948

naissance de Carole, leur fille

Création de J'irai cracher sur vos tombes au théâtre Verlaine

Il commence l'Herbe rouge

1949

Publication du premier recueil de nouvelles.

Henri Pelletier lui commande un guide sur Saint-Germain des Près. Boris Vian en fera un pastiche de guide touristique

1950

Représentation de l'Equarissage pour tous qui vaut à Boris Vian la bienveillance des 'pataphysiciens

Il rencontre Ursula Kubler qu'il épousera en 1954

Publication de l'Herbe rouge

Publication de Elles se rendent pas compte (sous le pseudonyme de Vernon Sullivan)

1951

Il commence la rédaction du traité de civisme, qui restera inachevé

1952

Il divorce d'avec Michelle et entre au Collège de 'Pataphysique.

1953

Publication de l'Arrache-Cœur

Représentation de son opéra (Le Chevalier de neige).

1954

Il se remarie avec Ursula Kübler.

1955

Il devient directeur artistique chez Philips et commence à jeter les bases du catalogue Jazz de la maison de disques.

1958

Il collabore au Canard enchaîné

Il est nommé directeur artistique chez Barclay

Il meurt le 23 juin à 39 ans pendant la projection du film J'irai cracher sur vos tombes au cinéma Marboeuf. Il avait toujours dit qu'il n'aurait jamais 40 ans.

1959

Il tourne dans Les liaisons dangereuses de Vadim

 





 

ELSA TRIOLET

De son nom de baptême Elsa Kagan, c'est un écrivain français d'origine russe.

Etudiante en architecture, elle fréquente les milieux intellectuels russes.
En 1920, un séjour exotique lui insire son premier roman écrit en russe : " A Tahiti ".
Le 6 novembre 1928, elle rencontre Louis ARAGON lors d'une manifestation à Paris.
Elle devient alors sa compagne et son inspiratrice, notamment pour " Les Yeux d'Elsa ".
Elsa TRIOLET traduit la poésie du russe MAÏAKOWSKI (son beau-frère) et les pièces d'Anton Tchekhov.
Communiste convaincue, c'est dans cette perspective qu'elle traite des problèmes politiques et sociaux nés de l'après-guerre sous le couvert de plusieurs fictions.
Après son décès, la totalité de ses lettres, manuscrits et documents personnels est léguée au CNRS par Louis Aragon.

      
                              LOUIS ARAGON

Après une brillante scolarité, Louis ARAGON entame des études de médecine.
Incorporé en 1917, il part pour le front où il rencontre André BRETON.
La guerre finie, il se consacre avec une énergie décuplée à l'écriture et publie " FEU DE JOIE" , " MOUVEMENT PERPETUEL", ou encore "ANICET OU LE PANORAMA" . 
Il participe à la création du mouvement artistique Dada, puis à la naissance du "surréalisme" qu'il théorise dans une "vague de rêve ".
Sa notoriété ne cesse de s'accroître notamment avec "Le Paysan de Paris".
En 1928, il rencontre Elsa TRIOLET : c'est le début d'un mythe largement mis en scène par ses protagonistes. 
Inscrit au Parti Communiste dès 1927, ARAGON s'engage dans la lutte politique et rompt définitivement avec Breton et les surréalistes.
Journaliste à l'Humanité, il entame une nouvelle carrière de romancier avec le cycle romanesque "Le Monde Réel" ("Les Voyageurs de l'Impériale", "Aurélien" ou encore "Les Communistes").
Pendant la seconde guerre mondiale, ARAGON devient l'un des poètes de la Résistance célébrant l'amour absolu et l'action politique.
Après la guerre, il fonde le Comité National des Ecrivains avec jean Paulhan.
Combats politiques et publications (" Le Fou d'Elsa") rythment la fin de sa vie.
Se clamant  'réaliste socialiste', il prône l'avènement du communisme.
Les dénonciations des atrocités commises sous le régime stalinien et la mort de sa compagne le désarçonnent mais n'altèrent en rien son credo : assimiler l'écriture à la quête de soi.
 

  • MALLARME est né à Paris le 18 mars 1842 à Paris. A l'âge de dix ans, après la mort de sa mère, il est mis en pension dans un établissement religieux.
  • Avant d'être professeur d'anglais (à Tournon, Besançon, Avignon puis Paris), Mallarmé a été employé de bureau.
  • Mallarmé devient célèbre quand Paul Verlaine parle de lui dans les 'Poètes maudits'  (1884). Huysmans dera de même dans 'A Rebours' (1884).
  • Passionné par la poésie et par Edgar POE (dont il traduira les 'Poèmes, publication en 1888), Mallarmé fréquente les milieux parnassiens et symbolistes et côtoie, au 89 rue de Rome, VALERY, GIDE, CLAUDEL (qui dit de lui, d'ailleurs, qu'il était un discret 'homme d'intérieur'), etc. On dit qu'il a exercé sur eux une influence non négligeable et qu'il a été l'inspirateur du 'mouvement symboliste (ce mouvement s'opposait au 'naturalisme' -volonté de réel- et voulait, au moyen de symboles, atteindre une réalité supérieure au 'monde réel', c'est à dire accéder à une vérité supérieure et abstraite cachée derrière la réalité concrète). 
  • L'oeuvre de Mallarmé compte :
  • des poèmes parus dans des revues, dont 'L'Après-Midi d'un faune '1876), Hommages et Tombeaux (1877) et le fameux 'Coup de dés' (1897).
  • Un recueil de poèmes dont le titre est 'Poésies' (1887).
  • ...et une traduction des poèmes de Poe (1888).

EXTRAIT DE 'L'APRES MIDI D'UN FAUNE'

LE FAUNE

Ces nymphes, je les veux perpétuer.
                                                                            Si clair,
Leur incarnat léger, qu'il voltige dans l'air
Assoupi de sommeils touffus.

                                                
                                                               Aimai-je un rêve ?
Mon doute, amas de nuit ancienne, s'achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois mêmes, prouve, hélas ! que bien seul je m'offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses.
Réfléchissons...

                                    ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
Faune, l'illusion s'échappe des yeux bleus
Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste:
Mais, l'autre tout soupirs, dis-tu qu'elle contraste
Comme brise du jour chaude dans ta toison ?
Que non ! par l'immobile et lasse pâmoison
Suffoquant de chaleurs le matin frais s'il lutte,
Ne murmure point d'eau que ne verse ma flûte
Au bosquet arrosé d'accords; et le seul vent
Hors des deux tuyaux prompt à s'exhaler avant
Qu'il disperse le son dans une pluie aride,
C'est, à l'horizon pas remué d'une ride
Le visible et serein souffle artificiel
De l'inspiration, qui regagne le ciel.

NÂZIM HIKMET
1902-1963

 
Le Monde Diplomatique (Février 2002)
« Je suis né en 1902
Je ne suis jamais revenu sur le lieu de ma naissance
Je n'aime pas me retourner »

Et le « géant aux yeux bleus » ne revint jamais à Salonique...

Ambiance feutrée à Istanbul : Nâzim, enfant, est bercé par la poésie de son grand-père Pacha, un haut fonctionnaire ottoman, et par sa mère, Djélilé, artiste férue de culture française.

Révolté par l'occupation d'Istanbul par les puissances alliées après la première guerre mondiale, exalté par la lutte des paysans turcs pour l'indépendance et enthousiasmé par la révolution d'Octobre, il a tout juste vingt ans quand il part à Moscou, en 1922.

Il retourne en Turquie en 1924, après la guerre d'indépendance, mais, victime de persécutions, car c'est désormais un « rouge », il repart à Moscou en 1926 et multiplie les allers-retours.

Moscou bouillonne alors. Il y fait la rencontre de Maïakovski et des futuristes russes, dont l'influence bouleverse sa poésie, et travaille avec Meyerhold.

Communiste parce qu'il aime tout, passionnément, la liberté, son pays, son peuple et ses femmes, il devient le génie en exil de l'avant-garde turque.

De retour en Turquie, il est condamné en 1938 à vingt-huit ans d'emprisonnement, car il a publié, en 1936, un éloge de la révolte, L'Epopée de Sheik Bedrettin, ou le combat d'un paysan contre les forces de l'Empire ottoman. Il est libéré en 1949 grâce à l'action d'un comité international de soutien, formé à Paris par ses camarades Jean-Paul Sartre, Pablo Picasso et Paul Robeson.

C'est avec ce dernier et Pablo Neruda qu'il partage en 1950 le Prix mondial de la paix. In absentia, car Hikmet, affaibli par une longue grève de la faim ainsi que de graves problèmes cardiaques, ne peut se déplacer à Varsovie, où la cérémonie a lieu.

« Une bien triste liberté »

Hikmet est constamment surveillé. Il échappe miraculeusement à deux tentatives de meurtre, mais ne parvient pas à être exempté du service militaire, qu'on lui demande d'effectuer à cinquante ans. C'est la guerre froide, et il milite contre la prolifération de l'armement nucléaire. Que faire si ce n'est fuir, se réfugier en Union soviétique, laissant femme et enfants ?

Devenu membre très actif du Conseil mondial de la paix, le poète chante l'Internationale, mais ne tait pas son rejet du stalinisme. Le « communiste romantique » célèbre la lutte, synonyme de vie, une liberté que ronge, selon lui, l'autorité.

Citoyen polonais suite à la perte, immense, de la nationalité turque, il voyage partout, pour tromper l'exil. En Europe, en Afrique et en Amérique du Sud seulement, car les Etats-Unis lui refusent un visa.

« Malgré le poids dans ma poitrine,
Mon coeur bat toujours avec les étoiles lointaines »

Nâzim Hikmet meurt à Moscou en 1963. Son coeur a cessé de battre la mesure de la perte, mais le vent souffle toujours entre les arbres doux d'Anatolie, sur les visages de ses femmes, qu'il a aimées aussi fort que le monde.


par Charlotte KAN


  LES LIVRES DISPONIBLES :


Il neige dans la nuit et autres poèmes
, traduction de Münevver Andaç et Guzine Dino, Poésie/Gallimard, Paris, 1999.
Nostalgie, trad. Münevver Andaç, Fata Morgana, Paris, 1989.
Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé ? Editions de Minuit, Paris, 1980.
C'est un dur métier que l'exil..., Le Temps des Cerises, Paris, 1999.
La vie est belle mon vieux, coll. « Littératures étrangères », Paragon, Paris, à paraître.

Quelques livres:


Il neige dans la nuit et autres poèmes

de Nâzim Hikmet, et al. Poche (1999)

 

 Nostalgie

de Nâzim Hikmet, et al. Broché (avril 1989)

 

 

 

Nazim Hikmet

Je suis dans la clarté qui s'avance
Mes mains sont toutes pleines de désir
Le monde est beau
Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres
Les arbres si verts, les arbres si pleins d'espoir
Un sentier s'en va à travers les mûriers
Je suis à la fenêtre de l'infirmerie
Je ne sens pas l'odeur des médicaments
Les oeillets ont dû s'ouvrir quelque part
Être captif, là n'est pas la question
Il s'agit de ne pas se rendre
Voilà.

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