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MAISON KAREN BLIXEN KENYA envoyé par hubble29


Par le plus grand des hasards, je connu l'immense bonheur de me rendre au Kenya. Ce fut une véritable aventure.
Par suite d'un orage et d'une avarie l'avion dû se poser à Naïrobi. Notre groupe dû loger au centre de la ville dans un grand hôtel au décor anglais, vestige d'un temps passé.

Puis, le lendemain embarqué dans un matatou lancé à toute vitesse à travers la ville et sur la piste nous pensions mourir cent fois. Le groupe, la peur au ventre à l'idée de reprendre cet avion jusqu'à Monbassa commençait à être pris de folie collective. Je restais stoïque en me disant, comme toujours avant de prendre un avion "advienne que pourra". Les gens autour de moi blémissaient de minutes en minutes. Quelques heures plus tard, nous atterrissions à Monbassa dans une chaleur à crever. Puis nous prenions un car en direction de notre hôtel en bord de mer.

L'Hôtel était niché dans une végétation luxuriante où de nombreux singes déambulaient de branche et branche, s'exhibaient, sifflaient, criaient, volaient. Des singes verts en famille souvent avec de très jeunes agrippés dans leurs bras, s'invitaient à nos tables, chapardeaient les restes d'un déjeuner.  Un bar s'offrait à nous près de la plage de sable blanc de l'océan indien. Le soir, après le farniente, nous avions des danseurs et des percussions africaines venus là pour nous divertir. Nous passions ici, trois jours très agréables où la chaleur se faisait parfois suffocante.

Ensuite, au lieu de suivre les autres en avion, la personne qui m'accompagnait eut envie de rejoindre Naïrobi par le train de nuit qui ne roulait plus de jour de crainte d'être stoppé trop souvent par les troupeaux sauvages. Il s'arrêtait dans chaque village et nous mîmes 15 heures pour parvenir à destination. La population grimpait dans le train avec leurs sacs de provision, des régimes de bananes aussi à l'aise que dans les matatous bariolés surchargés de voyageurs, de bagages et de vivres.

J'ai eu la chance de me trouver en safari photos durant deux semaines, l'occasion pour moi de découvrir la maison d'Hemingway et surtout la ferme de Karen Blixen, conteuse danoise née le 17 avril 1885 et disparue le 7 septembre 1962.
J'eus l'impression étrange d'avoir vécue ici, de revenir dans un endroit, un pays connu, je me trouvais stupide et pourtant je fus prise d'une irrésistible crise de larmes. Voilà que je pleurais en visitant sa maison.

Je connu une joie immense durant les safaris où nous étions accompagné par James un guide masaï d'une très grande beauté, une âme sensible et pure. J'avais le chic pour apercevoir de très loin un animal avant de le prendre rapidement en photo.
Nous avions rencontré très souvent des troupeaux d'éléphants dont au contact d'une mère et de son petit, je tombais amoureuse avec la folle envie de rester là pour eux.
J'adorais cette faune observée de si près. Tous ces animaux évoluaient librement et nous étions en cage dans notre jeep. C'était si merveilleusement beau, de cette beauté qui vous coupe le souffle. Sur les pistes inondées à la saison des pluies, nous sommes tombés en panne. pendant que nos guides dépannaient, nous en levant la tête, nous apercevions, au-dessus des accacias, les girafes occupées à en déguster leurs fleurs. C'était un spectacle ahurissant et merveilleux. Que d'images me reviennent lorsque je repense à ce voyage. A un moment de notre parcours en safari, nous avions occupé des un hôtel constitué de cases avec tout le confort moderne cerné de quelques bananiers, de flamboyants devant le Kilimandjaro. Ce spectacle d'une montagne (ancien volcan) enneigée au milieu de l'Afrique reste pour moi un souvenir impérissable.
Un jour nous partîmes en direction d'une réserve encore vierge de touristes pour nous embarquer sur un lac en direction de la Tanzanie. Mais à peine nous étions nous avancés sur l'eau que des hippopotames commençaient à vouloir jouer avec nous. Nous blémirent. Et moi qui ne savait pas nager ! Et sans doute devait-il y avoir des crocodiles ! Des médecins nous accompagnaient et à sept sur la barque, nous n'en menions pas large. Nos deux guides repoussèrent les hippo à l'aide de bâtons qu'ils avaient avec eux mais ils riaient jaunes. Finalement, nous fîmes demi-tour. Il était temps !

C'est ainsi que j'eus ainsi le bonheur de découvrir le Kenya, la beauté inouïe d'un pays fantastique, hélas à présent ravagé par le sida et la misère des kenyans. J'étais triste en remarquant des populations affamées, des aveugles, des gens courant sur leurs moignons. Des masaïs libres et fiers rendus mendiants sur le bord des pistes, des nuées de gosses accrochés au basques des touristes blancs.
Devant ce constat, dans ce pays envoûtant et inoubliable, une infinie tristesse s'emparait de moi.
Puis vint le jour du départ où je laissais l'intégralité de mes vêtements et chaussures aux kenyans que j'avais connu durant cet inoubliable voyage, mais cela pouvait-il effacer ce que les blancs avaient apporter de mal à l'Afrique ?

Durant six mois, je fus hantée par ce pays, son envoûtante beauté. Je gardais le cafard et la nostalgie de ce temps passé là-bas...

Dana Lang, extraits de "Les Sanglots du Vent" (Droits Réservés).



Kenya 1990 envoyé par comitedenice

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