L'ETOILE INVISIBLE !
Ils sont sourds,
Ne vous entendent pas !
Ils sont sourds,
Ne criez pas !
Surtout n’allez pas leur dire
Votre misère,
Ils n’en n’ont que faire !
Vous, les plus discriminés
Vous devez continuer
Votre galère !
Ils ne comprennent rien
A vos affaires !
De gauche comme de droite
Ils préfèrent ne pas vous voir !
Et surtout ne pas vous imaginer,
Sur les bancs de l’assemblée,
Vous feriez tâche pensez !
Un député à roulettes
Un aveugle à lunettes
Un trisomique aux yeux bridés
Un autiste tout à côté
Un sourd muet ? Vous rigolez ?
Comme une étoile invisible vous portez !
Ces députés trop bien payés,
Sécurisés, tranquillisés !
Ces ministres et députés
A trois sous, demeurent sourds à vos
contrariétés :
« Surtout ne pas être comme tous ces vilains,
pensent-ils ?
Mais que veulent-ils tous ces parias ?
Ces sans jambes, ces sans bras ? »
Car comme une étoile invisible ils vous font porter !
Que feraient-ils sur ces nobles bancs
Eux les pestiférés ?
Eux les discriminés ?
Qui n’ont jamais leur mot à dire,
Surtout pas !
Ils doivent la fermer et supporter !
Car comme une étoile invisible ils doivent porter !
Eux que l’on préfère apercevoir
En bref, de loin !
Que veulent-ils ces 10 % d’habitants ?
De discriminés
Autant de parkings prioritaires
Pour ces 10 pour cent,
Avez-vous dit prioritaires ?
Mais comme une étoile invisible vous portez !
« Des accès pour tous et partout,
Des toilettes accessibles tout de même,
Même dans le neuf, c’est le moins ! »
« Vous n’y pensez pas !
Pour les touristes, çà va !
Mais vous français, retenez-vous de pisser ! »
Avez-vous dit prioritaires ?
Comme une étoile invisible vous portez !
Ce que les architectes visiblement
Ne comprennent pas !
Qu’ils retournent dans leurs écoles !
Et que l’on vous cloue tous,
Dirigeants et décideurs,
Une année entière, à vous balader
Dans vos villes et vos villages
Le cul dans une chaise
Roulez et vous verrez !
Mais que leur importe
Puisqu’ils vous font porter
A longueur de journée
Comme une étoile invisible sur le nez !
Comme il est bon de flaner
Là où vous ne pouvez jamais allez !
Commerces, mairie, écoles, universités
Médecins, cliniques, hôpitaux, wc
Mais peuvent-ils imaginer ?
Ils préfèrent ne pas savoir
La femme en fauteuil lourd
Qui attend sur le trottoir d’être servie
Pour sa pharmacie
Au grand soleil ou sous la pluie,
Sous la chaleur de plomb l’été
Ou dans le froid l’hiver…
Car il y a des marches,
Toujours des marches
Encore des marches !
Autant d’obstacles dressés
Par votre société
Qui fait de nous des handicapés !
Avez-vous dit prioritaire ?
Et nous avons comme une étoile invisible accrochée !
C’en est assez de nous balader !
Les DROITS DE L’HOMME
Sont bafoués chaque journée !
Et le droit à la dignité ?
Dans les toilettes, les écoles, les commerces, les
universités,
Les bus, les trains, les avions. On veut pouvoir
entrer !
Avez-vous dit priorité ?
DISCRIMINES ! Une étoile invisible s’est
échappée !
Ils ont beau dire et répéter
C’est TROP CHER !
Cà DEPEND POUR QUI ET POURQUOI FAIRE ?
C’est selon et pourtant çà ne coûte pas plus cher
Des équipements conçus
Bien faits tout de suite et durablement.
Il paraît que c’est prioritaire !
Mais nous portons comme une étoile invisible qui ne peut s’effacer
!
On veut le droit de travailler avec priorité !
DISCRIMINES !
Que faites vous de la PRIORITE ?
Un critère non respecté dans cette société
De sauvages, de misérables, de sans courage !
DISCRIMINES ! Ils le sont les premiers
Pour tout, partout
Vous leur faites porter une étoile…invisible !
Voilà ce que nous sommes :
Un pays prospère mais arriéré
Qui se fout comme d’une guigne de ses handicapés
De ses malades les plus vulnérables, sans pitié !
Sauf pour se faire élire
Où là on récupère
Ce problème sensible
Qui atterrit dans un placard, une fois élu
Et là on ne se souvient plus
On oublie volontiers
Les promesses âprement défendues,
Pour sa cause personnelle,
Et la sagesse de ces oubliés
DISCRIMINES !
Car comme une étoile invisible ils doivent porter !
Mais que veulent-ils enfin ces parias ?
Un revenu d’existence ?
Mais c’est pas mal non plus
Une ALLOCATION
D’AIDE
AU HANDICAP
Trois couches de tartines
Pour mieux les enfoncer,
Et que l’on augmente quand ?
Ah ! Ils ont encore oublié !
LES DISCRIMINES !
Une étoile s’est couchée…
Des moyens pour vivre,
Ils en ont besoin
Ils ne veulent pas la charité
Ou aller quémander
Sur la voie publique
Un grain pour subsister
Pourriez-vous vivre vous avec une telle aumône ?
Payez votre logement et tout le reste ?
Non tout est fait pour les enterrer
Vivants, ces oubliés,
CES DISCRIMINES !
Cette étoile sans cesse est bien rôdée…
Des moyens pour vivre
Ils en ont plus besoin que vous
Qui touchez vos belles indemnités
Et tous frais payés
Prélevées sur notre dos
Par nos impôts
Pour faire les beaux tout en haut !
Comme il vous est facile
De les ignorer
De les contempler de si haut
De tout votre dédain, votre mépris !
Et de vous dire que c’est bien beau
Pour ces DISCRIMINES !
Une étoile soudain s’est relevée…
Que l’on aide assez par nos services
Qui donne de l’emploi aux pauvres gens
Qui n’en n’ont pas
Et tant pis si ce handicapé
Ne peut pas s’acheter à manger
De quoi se plaint-il
Il a des aides…à la maison ! Non ?
Tant pis pour vous si vous portez l’étoile invisible !
Et tant pis si de pauvres parents
Doivent attendre des années
Avant de trouver une place dans un centre
Pour leur enfant polyhandicapé !
Et tant pis s’ils doivent se débrouiller
A trouver les sous
Pour une automobile si chère
Et qu’ils ont tant besoin eux pour se déplacer !
Et tant pis s’ils ne vont pas à l’école !
Et tant pis s’ils ne sont plus remboursés
Et si les patrons ne paient plus la sécurité
Les malades sont si riches !
Ce n’est pas notre souci
Vous en avez tant d’autres, pauvres petits !
Et tant pis, et tant pis, et tant pis…
Oui c’est tant pis pour eux !
Ils n’avaient qu’à s’arranger
Pour naître en bonne santé
Ou éviter d’être accidenté
Toutes ces personnes DISCRIMINEES
Qui portent une étoile invisible sous votre nez !
Pourquoi devrions-nous tout changer
Casser les trottoirs, les bus, les trams
Casser les commerces, les cinémas,
Les écoles, les universités
CELA COUTE TROP CHER
A LA SOCIETE !
Et leur donner un revenu d’existence
Indexés sur le coût de la vie !
Vous n’y pensez pas !
Nous aurions soudain trop de handicapés sur les
bras !
Mais toutes les excuses sont bonnes
Pour ne pas payer
Quand il y a tant d’inégalités
Et de gaspillage de tous les côtés
Ils préfèrent pour leur conscience
Vous voir porter l’ETOILE !!!
Pour vous ignorer en toute légalité
Et à perpétuité !
Le 4 juin 2008,
Dana Lang, livret de prose n°5/ « Paroles Libres/ Ma Vision du
Monde : La Voix des Fous »
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